M’informer et décider, librement. On devient dépendant malgré soi. (9) Si au début, fumer est d’abord un comportement social et culturel, le mécanisme
de la dépendance se met en place petit à petit.
Il existe 2 types de dépendances liées au tabac, qui interviennent progressivement
dans le temps : la dépendance comportementale et la dépendance physique.
Elles s'expriment plus ou moins nettement d'un fumeur à l'autre et chez la même
personne d'un moment à l'autre.
Certains lieux, certaines personnes ou circonstances donnent envie de fumer.
La dépendance comportementale s’illustre alors par une sorte de réflexe
conditionné : on allume sa cigarette par automatisme et non par besoin.
Boire un café, prendre un verre, travailler sur son ordinateur, parler au téléphone,
prendre la voiture sont autant d’activités enregistrées par le cerveau comme liées
à la cigarette. Mais la cigarette est aussi un moyen de se faire plaisir,
de gérer plus facilement son stress et son anxiété, de surmonter ses émotions,
de se stimuler ou encore de se concentrer. Au fil du temps et des événements,
il se met donc en place un véritable conditionnement : la cigarette devient
indissociable des habitudes de vie et de nombreuses activités.
Le fumeur mesure l’existence de ces automatismes lorsqu’il arrête de fumer car,
en début de sevrage, l’envie de fumer revient automatiquement dans les circonstances
qui l’amenaient à prendre une cigarette. La dépendance physique (9)(4)La dépendance physique correspond au besoin physiologique de maintenir dans la
circulation cérébrale le seuil de nicotine auquel le fumeur s’est habitué
(le corps du fumeur en a besoin). Elle apparaît plus ou moins rapidement
mais ne se produit pas chez tous les fumeurs. Cette dépendance est due à la nicotine
présente dans le tabac, qui arrive au cerveau en 7 à 10 secondes,
sous forme de « shoots » en procurant une sensation agréable. On ne fume plus
uniquement pour les différentes sensations agréables mais surtout pour éviter la
sensation de manque qui se produit lorsqu’on est privé, même pour quelques heures,
de sa cigarette. Cette sensation de manque se traduit par une irritabilité,
une nervosité, des accès de colère ou encore un manque de concentration
intellectuelle. En règle générale, plus on allume sa cigarette tôt dans la journée,
plus on fume, plus on est dépendant. Les rechutes au cours des traitements de sevrage
sont essentiellement liées au manque de nicotine. La prise régulière de nicotine,
sous forme de gommes, de patchs, de Microtabs, ou d’inhaleur permet
un sevrage progressif de la nicotine et réduit les effets du manque chez les fumeurs,
sans pour autant entretenir la dépendance. Le degré de dépendance physique peut se calculer grâce au test de Fagerström. (9) |