M’arrêter, j’y pense, mais il me faudra de l’aide
L’arrêt brutal ou la diminution importante des apports de nicotine chez un
fumeur en état de dépendance physique sont responsables du syndrome
de sevrage, ou syndrome de manque. (14) Il se caractérise par le désir très
intense de fumer. Ceci peut être comparé au besoin instinctif de manger
ou de boire lorsqu’on a faim ou soif.
Les difficultés liées à l’arrêt ont une durée limitée dans le temps et sont
peu de choses au regard de l’espérance de vie gagnée, de la qualité de
vie et des bénéfices retrouvés. Les différentes manifestations caractéristiques du syndrome de manque
ne sont pas obligatoirement toutes présentes. Elles se produisent
généralement à des moments différents. Les troubles rencontrés sont
essentiellement liés au manque de nicotine mais peuvent être
considérablement atténués par un traitement de substitution nicotinique (13).
Avec une aide adaptée, le syndrome de sevrage est moins intense et dure
moins longtemps que sans aucune aide. Vos chances de succès en
sont d’autant plus élevées. Après arrêt brutal ou réduction importante du
nombre de cigarettes, au moins 4 des signes suivants peuvent survenir : Irritabilité, frustration, colère (variable) :› L’irritabilité, les troubles du caractère, l’agitation, les accès de colère sont
toujours associés au besoin de fumer. (13) › Ces troubles traduisent l’impatience du corps à ne plus recevoir de nicotine.
Sachez que ce comportement est normal et que cela prouve que vous êtes
en train de retrouver votre liberté. Augmentation de l’appétit (quelques semaines) : (13)› L’appétit revient souvent en force d’autant que le fumeur en cours de sevrage
retrouve plus d’odorat et de goût. L’augmentation de l’appétit se caractérise
généralement par une sensation de faim avant les repas qui persiste après
la sortie de table. Des phases de fringales avant les repas peuvent s’ajouter. › La nicotine possède un effet coupe-faim(16) (15). Son absence ouvre à
nouveau l’appétit. Toutefois, le fait de retrouver goût et odorat va vous aider
à mieux profiter des aliments et donc à mieux gérer les apports quotidiens. Poids (variable) :› Un fumeur a un « sous-poids », c’est-à-dire un poids inférieur à celui qu’il
aurait s’il ne fumait pas, avec les mêmes habitudes alimentaires, car la
nicotine agit en augmentant la perte de calories. Lorsqu’ils arrêtent de fumer
les hommes reprennent en moyenne 2,8 kg pendant que les femmes
reprennent 3,8 kg. (16) › Il n’y a donc pas de prise de poids au sens strict mais bien un retour au
poids normal. Il s’agit toutefois d’une moyenne et de grandes variations
individuelles peuvent être observées. Face à la prise de poids, la solution
n'est pas de suivre un régime restrictif, ou mal équilibré car il aurait des
conséquences néfastes. Il est conseillé d’éviter le grignotage, de rééquilibrer
son alimentation et de se détourner des sucreries car les fumeurs en cours
de sevrage découvrent aussi parfois une attirance particulière pour le sucré
qu’ils n’avaient pas forcément avant. Si besoin, n’hésitez pas à consulter
un diététicien qui fournira des conseils adaptés à chaque situation. (16) (15) Insomnie (variable) :› Les perturbations du sommeil sont très variables d’une personne à l’autre.
Ce sont des troubles généralement transitoires qui se manifestent surtout
par des difficultés d’endormissement ou, plus rarement, par des réveils
nocturnes. (14) (13) › Au fur et à mesure, la tension va redescendre et vous retrouverez un
sommeil normal. D’autres manifestations peuvent apparaître, telles que :
Anxiété, difficultés de concentration, humeur triste et dépressive, constipation.
Ces manifestations sont temporaires et disparaîtront au bout de quelques
semaines d’arrêt.(13) Si elles persistent, vous pouvez vous faire aider en
consultant votre médecin ou un tabacologue.
Encore une fois, elles ont peu d’importance comparées à tous les bénéfices
de l’arrêt du tabac. |